Les Duels Au Fil de l'Histoire...

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Les Duels Au Fil de l'Histoire...

Message par Invité le Lun 2 Jan - 12:17


Le duel est un combat par les armes, soumis à des règles précises, qui oppose deux adversaires, l’un demandant à l’autre réparation d’une offense ou d’un tort. Il est précédé d'un défi, habituellement signifié par un cartel. Le combat se déroule devant des arbitres, appelés aujourd'hui « témoins », qui veillent au respect des règles ainsi que des conventions particulières fixées au préalable. Celles-ci fixent, entre autres chosesNote 1, le nombre de tirs à l'arme blanche ou à feu. Dans un duel de plaisance, c'est-à-dire pour la galerie, elles fixent le nombre de touches. Si elles conviennent d'un combat à mort, on parle de duel à outrance.
Le duel visait à réglementer et limiter la violence suscitée par un conflit entre deux individus. En fixant les termes de la résolution du conflit, il obligeait les parties adverses à convenir par le dialogue de conditions convenues et constituait une sorte de droit pénal contractuel, le duel judiciaire. Intégré au Bas Moyen Âge à la procédure pénale par les différentes coutumes, le duel judiciaire évolue entre la Guerre de Cent Ans et la Renaissance en contrat de droit privé à mesure que les parlements affinent la jurisprudence et que la monarchie se renforce. Aux Temps modernes, le duel n'est plus qu'une forme de bravade à l'endroit du droit commun, le duel du point d'honneur.
En imposant les armes de guerre individuelles, c'est-à-dire en interdisant l'emploi des poings par exemple, le duel s'adressait de fait principalement à la noblesse, formée à l'escrime et au tir. Les gentilshommes finirent par ne condescendre à s'y prêter qu'entre eux : « Jeu de mains, jeu de vilains » (les vilains étant des paysans libres mais tout de même des roturiers, pas des nobles). L'esprit qui le gouvernait donnait ainsi plus de prix à la dignité qu'à la vie, à la manière qu'à l'intérêt, et revendiquait la primauté de la liberté individuelle de régler ses affaires sur le recours à la justice publique. Défendu autrefois tant par des tenants d'un régime aristocratique que par des républicains, le duel est aujourd'hui proscrit dans la plupart des pays.
Duel judiciaire (avant 1547)
Le duel judiciaire est une des trois formes du « Jugement de Dieu », procédure qui comprend :
le serment purgatoire : l'accusé prend Dieu à témoin de la justesse de ses paroles. Il prête alors serment sur la Bible ou sur des reliques de saints, en présence de co-jureurs (qui témoignent de sa bonne foi). Jurer devant Dieu permettait de se « purger » de l'accusation. Être parjure était puni de l'amputation de la main droite sous Charlemagne. Ce type de preuve précédait l'ordalie dans la procédure et était souvent suffisant.
    l’ordalie : test de la culpabilité ou de l’innocence d’une seule personne sans combat. Les institutions religieuses s'y opposent[réf. nécessaire] car pour elles, on ne doit pas soumettre les hommes au jugement divin. Cependant, ne pouvant les empêcher, elles les tolèrent jusqu'à leur interdiction par Saint Louis en 1258.
    le duel judiciaire (type d'ordalie bilatérale) : cette dernière forme était une sorte de procès dans lequel la décision finale était fixée par l’issue du combat entre les deux adversaires. Pour que le résultat fût à chaque fois indiscutable, il fallait qu’il existât des règles préalables, connues et acceptées de tous, et donc une autorité pour les énoncer, les légaliser et les faire appliquer.
Les premiers textes connus réglementant cette pratique datent du début du VIe siècle, époque des grandes invasions : ce sont la loi Gombette (501) et la loi des Francs Ripuaires, toutes deux d’origine germanique. Cette pratique se répandit lors du Haut Moyen Âge. Avant ces codes, seuls les peuples germaniques d'Europe du Nord disposaient de la compensation du Wergild afin d'éviter les tueries.
Les premiers textes connus réglementant cette pratique datent du début du VIe siècle, époque des grandes invasions : ce sont la loi Gombette (501) et la loi des Francs Ripuaires, toutes deux d’origine germanique. Cette pratique se répandit lors du Haut Moyen Âge. Avant ces codes, seuls les peuples germaniques d'Europe du Nord disposaient de la compensation du Wergild afin d'éviter les tueries.
Les règles formalisant le combat concernent :
ses limites, définies à l’intérieur d’un champ clos ; son officialisation, par la désignation comme président d’un personnage important, appelé le maréchal de camp, assisté de juges et de hérauts ; son caractère solennel, par un cérémonial et des pratiques religieuses ;  son impartialité, par le contrôle des deux adversaires et la désignation équitable des places de chacun d’eux ;  les armes permises selon l’appartenance sociale des combattants ; la désignation d’un combattant substitut dans le cas où une des personnes concernées ne pouvait se battre (femme, enfant ou ecclésiastique).
Charlemagne reconnut toujours la preuve par combat, mais recommandait à ses lieutenants de faire tous leurs efforts pour résoudre autrement les conflits privés relevant de leur autorité, afin d’enrayer ces effusions de sang, ce qui montre que ce type de combat était alors une procédure trop fréquente[.
Le concile de Valence le condamna en 855, proclamant : « le survivant du duel sera considéré comme un meurtrier, le perdant comme un suicidé, et sera donc privé de sépulture.
L’issue d’un tel combat, autorisé par la loi et consacré par des cérémonies religieuses, était regardée comme un jugement de Dieu. Le vainqueur était reconnu automatiquement innocent, et le vaincu, désigné indubitablement coupable par Dieu lui-même, devait donc subir la peine correspondant au crime commis. Seul le roi avait le droit de grâce.
La réglementation judiciaire du duel au Bas Moyen Âge.
Ces pratiques perdurèrent jusqu'au règne de Philippe le Bel, car l'aristocratie y trouvait le moyen de démontrer son habileté aux armes.
En 1212, la comtesse Blanche de Navarre, régente de Champagne, fait édicter les règles du duel judiciaire par les Grands Jours de Troyes devant ses trente quatre barons. En 1235, le Miroir des Saxons codifie très précisément le duel comme un prolongement de la légitime défense. En 1258, un édit de Saint Louis interdit l'ordalie et ordonne le duel judiciaire, tout en préconisant les preuves écrites et orales, notamment l'enquête de témoins et le serment purgatoire. Saint Louis et son petit-fils Philippe le Bel fixèrent des limitations visant à réduire l'usage du duel. À partir de cette époque, le duel judiciaire ne fut plus admis lorsque la culpabilité ou l’innocence de l’accusé était manifeste, lorsque les voies ordinaires de la justice permettaient l’établissement de la vérité, ou encore en temps de guerre. Dès lors, il ne fut plus question de jugement de Dieu, mais uniquement de duels judiciaires. À Paris, ceux-ci étaient organisés dans l'île Notre-Dame.
Les règlements de Philippe le Bel de 1306 sur le duel judiciaire déclaraient à l’égard du vaincu :
« Si le vaincu est tué, son corps sera livré au maréchal du camp, jusqu’à ce que le roi ait déclaré s’il veut lui pardonner ou en faire justice, c’est-à-dire le faire attacher au gibet par les pieds.
Si le vaincu est vivant, il sera désarmé et dépouillé de ses vêtements, tout son harnois sera jeté çà et là par le champ, et il restera couché à terre jusqu’à ce que le roi ait pareillement déclaré s’il veut lui pardonner ou qu’il en soit fait justice.
Au surplus tous ses biens seront confisqués au profit du roi, après que le vainqueur aura été préalablement payé de ses frais et dommages. »
Le déclin du duel judiciaire après la guerre de Cent Ans.
Avant la guerre de Cent Ans, les conflits féodaux avaient un caractère tout personnel. Durant celle-ci, l'ampleur des armées, le caractère civil d'une guerre qui impliquait la bourgeoisie, son commerce et ses finances, et également la naissance d'un sentiment national interdirent de réduire le sort des batailles au jeu privé des duels. Ce fut la raison invoquée par Philippe de Valois pour refuser le cartel proposé en août 1340 à Tournai par Édouard d'Angleterre pour trancher leur conflit dynastique. L'habitude était en effet de considérer les adversaires (et les alliés) sur le champ de bataille comme autant de duels possibles. Ainsi vit on le maréchal de Clermont et Jean Chandos se défier le 18 septembre 1356, veille de la bataille de Poitiers, parce qu'ils portaient chacun dans leurs armes respectives la même Dame d'azur au soleil rayonnant. Le maréchal perdit la vie le lendemain en combat singulier au milieu du massacre. Inversement, le duc de Bourgogne se vit interdire par le roi de répondre au cartel que lui avait adressé oralement à Troyes en août 1380 le Comte de Buckingham. Cette occasion vit, par exemple, les impératifs logistiques primer sur l'honneur et le défi lancé par l'écuyer Gauvain Micaille, relevé par le maréchal FitzWalter, fut tout simplement reporté sine die par Buckingham qui ne pouvait attendre.
L’infaillibilité du jugement de Dieu ne fut réellement entamée que lors de l’affaire opposant Jean de Carrouges et Jacques Legris. La dame de Carrouges, Marguerite de Thibouville, accusa Jacques Legris, gentilhomme du comte d'Alençon, de s'être introduit, de nuit et masqué, dans son donjon afin d’abuser d’elle alors que son mari guerroyait en Écosse. Legris protesta de son innocence mais la justice n’ayant aucun moyen de découvrir la vérité, un jugement de Dieu fut ordonné en décembre 1386. Legris fut vaincu et on l’acheva en le pendant au gibet. Quelque temps après un malfaiteur avoua le viol parmi d'autres crimes. Legris mort innocent, Carrouges alla se faire tuer en croisade.
Le dernier duel judiciaire autorisé par un roi de France eut lieu le 10 juillet 1547. Connu sous le nom de Coup de Jarnac, il opposa Jarnac et La Châtaigneraie. Les duels judiciaires disparurent définitivement sous Louis XIII.
Duel d’honneur en France (après 1547)
Le duel interdit et toléré sous l'Ancien Régime.
Le roi de France ne donnant plus l’autorisation de se battre, on s’en passa, le duel judiciaire prenant alors une nouvelle forme au XVIe siècle, le duel du point d'honneur. Dans le désir de braver le pouvoir royal grandissant, on se battait pour n’importe quelle raison, et au besoin on inventait un prétexte concernant son honneur (privé ou public) quand l’envie venait de vouloir simplement se mesurer les armes à la main. Le duel devint une mode, et sous l’influence des maîtres italiens, l’épée en devint l’arme quasi-exclusive avec la dague et, parfois, la lance. Les témoins, appelés "seconds", d'acteurs passifs qu'ils étaient au départ, prirent de plus en plus part aux duels qu'ils étaient censés arbitrer. En 1652, lors du duel des ducs de Nemours et de Beaufort, il y eut dix personnes qui se battirent ensemble dans le marché aux chevaux où eut lieu la rencontre. Il y eut trois morts et plusieurs blessés.
Le résultat fut qu’en quelques décennies les gentilshommes tués en duel se comptèrent par milliers, sans compter les bourgeois et les simples sujets victime de cette pratique. Entre 1588 et 1608 ont été comptabilisés plus de dix mille gentilshommes tués pour des questions d'honneur, soit une moyenne de cinq cents par an ou deux par jour de semaine. On compte six mille gentilhommes victimes de cette pratique sous le règne d'Henri II, et huit mille de plus sous Henri IV ; dont deux mille en 1606 et quatre mille en 1607 soit plus que durant les guerres civiles de religion.
Devant cette hécatombe, les souverains successifs reconnurent la nécessité d’interdire cette pratique. Mais issus eux-mêmes de cette aristocratie batailleuse et sourcilleuse, et bien que défenseurs de la religion interdisant cette pratique, ils montrèrent toujours beaucoup d’indulgence envers les duellistes. Les édits d’interdiction se multiplièrent (en 1599, 1602, 1613, 1617, 1623, etc.), mais pas autant que les lettres de grâce, annulant leurs effets : Henri IV en signa 7 000 en 19 ans.
Puis Richelieu fut appelé à gouverner par Louis XIII. Il fit paraître un nouvel édit le 2 juin 1626, prévoyant la peine de mort pour les contrevenants. Dès 1602 avait été introduite autour d'un Tribunal du point d'honneur une législation qui finit sous Louis XIII par assimiler le duel à un crime de lèse-majesté (celui-ci étant une violation manifeste d'un ordre royal). Cette législation fut appliquée avec la dernière rigueur. La sanction la plus spectaculaire fut, le 21 juin 1627, la décapitation de François de Montmorency-Bouteville, qui avait choisi de se battre en plein jour, place Royale, avec François d'Harcourt, marquis de Beuvron, lequel s’enfuit en Angleterre. Le scandale d'une jeunesse se tuant pour des raisons frivoles fut dénoncé au cœur même de la Cour par Malherbe dont le fils, lui-même duelliste qui avait bénéficié d'une grâce, fut assassiné le 13 juillet 1627 pour avoir empêché un duel.
Le duel devint alors une forme de revendication de l'indépendance de l'aristocratie contre la monarchie absolue. Déjà en 1625, deux cents gentilhommes manifestaient contre la condamnation d'un des leurs. En 1679, Louis XIV crut pouvoir déclarer « le duel aboli » mais entre 1685 et 1716, le nombre de morts ne « chuta » qu'à quelque quatre cents, pour dix mille duels comptabilisés au sein de l'armée, sans compter les morts par blessures intervenues hors champ. Certaines années ont lieu plus de 7 000 duels.
Duel en Angleterre au début du XVIIIe siècle.
Si les duels se firent plus discrets, ils se poursuivirent comme une mode, gagnant les ecclésiastiques issus de l'aristocratie (le cardinal de Retz en était friand) et comme un fantasme, en étant attribués à des femmes. Fougeroux de Campigneulles relate notamment les duels prêtés à la cantatrice Julie d'Aubigny et le duel au pistolet de 1718 entre la marquise de Nesle et la vicomtesse de Polignac, toutes deux cousines et amantes du maréchal de Richelieu.
Entre juin 1643 et octobre 1711, Louis XIV ne promulgua pas moins de onze édits interdisant le duel et renforçant les peines, sans pour autant faire cesser cette pratique. Louis XVI, poursuivant cette politique, prononça quelques exils. La maréchaussée restait souvent impuissante quand les duels étaient organisés dans des lieux offrant une immunité de fait : la cour des miracles ou les lieux privés laissés ouverts au public, tels Le Temple, le Palais-Royal, les ruines du château de Madrid.
Démocratisation et codification du duel après la Révolution.
À la Révolution, l’Assemblée législative rendit un décret d’amnistie générale concernant le duel. Un projet de loi contre le duel n’eut pas de suite. On en revint à un régime de tolérance, avec pour conséquence une démocratisation et une recrudescence des duels d’honneur. À la chute de l'Empire, les « crânes », officiers démobilisés et autres demi-soldes (tel le légendaire Surcouf face à douze Prussiens ou quelques Russes) n'hésitent pas à provoquer en duel les occupants, puis sous la Restauration à régler sur la place publique leurs fréquents différends avec les légitimistes.
Le Code pénal de 1810 n’ayant pas traité explicitement du duel, ce fut la jurisprudence de la Cour de cassation, établie avec beaucoup d’hésitations, qui fut employée ; à savoir, la peine d'assassinat en cas de mort d’homme, de tentative d’assassinat lorsque le duel avait été convenu à mort, et, dans le reste des cas de coups et blessures volontaires. Mais dans la réalité bien peu de duellistes furent poursuivis, et encore moins condamnés, tandis qu’une véritable rage du duel s’emparait du XIXe siècle.
Le duel entra dans les mœurs et devint une sorte d’institution propre à la noblesse et à la bourgeoisie, bénéficiant de la bienveillance des autorités. Il devint l'apanage des parlementaires et des journalistes, en quête de légitimité. Lors du duel opposant Clemenceau et Déroulède, les gendarmes étaient bien présents, mais non pour arrêter les participants : ils s’employèrent à contenir la foule trop nombreuse des curieux. Une codification de plus en plus stricte s'élabora, comme en témoignent la publication de nombreux manuels de duels (le plus célèbre étant l’Essai sur le Duel du comte De Chateauvillard en 1836) qui précisent les procédures :
armes « légales » (épée, pistolet et sabre, surtout utilisé par les militaires)
choix de l'offensé pour la date, le lieu et les armes du duel,
nombres de témoins (deux pour le pistolet, quatre pour l'épée ou le sabre),
types de duels (au premier sang ou à mort, au commandement, au visé, etc.).
La plupart des grands noms de ce siècle (Théophile Gautier ou Alexandre Dumas père qui popularisent le roman de cape et d'épée), des personnes qui montrèrent par ailleurs leur intelligence et leur réflexion (Proudhon, « l'homme aux vingt duels » Henri Rochefort) se retrouvèrent sur le terrain à risquer leur vie parfois pour des prétextes futiles. L’effet de mode et la pression sociale expliquent ces conduites. Le « monsieur qui ne se bat pas » devenait un poltron infréquentable, et cette peur de l’exclusion de la société, de la ruine d’une réputation, fit, pour une bonne part, accepter un combat où l’on n’était pourtant pas sûr de briller. La phrase de Pierre Nicole dans ses « Essais de morale » restait d’actualité : « Combien de gens s'allaient battre en duel, en déplorant et en condamnant cette misérable coutume et se blâmant eux-mêmes de la suivre ! »
Victor Hugo, dans une lettre à sa fiancée Adèle Foucher, résume bien le dilemme posé par le duel aux hommes de ce temps : « Quand un homme raisonnable a eu le malheur de se battre en duel, il doit s’en cacher ou s’en accuser comme d’une mauvaise action ou d’une extravagance….. Le duel ne cesse d’être méprisable qu’en devenant odieux. Voilà toute ma pensée. Je dois cependant pour la compléter ajouter qu’il est des cas où le plus honnête homme ne peut se dispenser d’avoir recours à ce sot préjugé. » Il venait lui-même de se battre quelques mois plus tôt.
Entre 1826 et 1834, il y a en France plus de deux cents morts par duel. De nombreuses personnalités comme Évariste Galois, Armand Carrel, Alexandre Pouchkine y laissent la vie. Aux États-Unis, l'interdiction votée par le Congrès en 1839 à l'instar de la loi Anti-Duel adoptée par la Virginie en 1810, n'a quasiment aucun effet. Entre 1798 et le début de la guerre de Sécession, la Marine des États-Unis perd les deux tiers de ses officiers dans des duels, la plupart des morts étant des midships ou de récents officiers. La rengaine des prêches publiés à foison contre ce scandale ne fait que renforcer l'esprit de contradiction des aspirants.
Dans les universités autrichiennes et allemandes, une forme de duel au sabre apparue au XVIIIe siècle, la mensur, devient au cours du XIXe siècle une sorte de rite initiatique censée prouver le courage du duelliste et son intégration à la société, fut elle contestée, en particulier pour des motifs religieux. C'est un combat spectaculaire réglé uniquement de coups de taille au terme duquel l'étudiant arborera ses cicatrices comme un défi à la mort. À la suite de l'accident mortel d'Adolph Erdmannsdörffer (de) en 1845, cette pratique perd de sa force, mais elle est toujours observée de nos jours dans certaines fraternités d'étudiants.
Le déclin de la coutume du duel.
Dès la fin du XIXe siècle, cette mode perdit de sa force : le « duel au premier sang » (majoritairement au pistolet peu précis) devint de plus en plus une mise en scène raillée dans des journaux ou romans. En 1870, l'affaire Victor Noir jette un certain opprobre sur les adeptes du duel. En Angleterre, contrairement à ce qui s'est passé en France, le duel, perçu comme la coutume d'une classe aristocratique restée en place, a très tôt fait l'objet d'une réprobation morale, en particulier de sociétés de vertu très actives. Dès 1903, tuer un adversaire au cours d'une rencontre est passible de la peine de mort et plusieurs duellistes furent, à ce titre, pendus. Le dernier duel qui s'y solda par un décès fut celui de deux Français exilés à Englefield Green (en) en octobre 1852, entre le blanquiste Emmanuel Barthélémy (en) et l'organisateur de la résistance au coup d'état du 2 décembre 1851, Frédéric Cournet.
En Italie, la loi du 26 avril 1875 proscrit le duel, qui restera toutefois impuni par le règlement militaire jusqu'à la loi no 1938 du 19 octobre 1930.
En Bade en 1890, le duel Vering-Salomon (de), provoqué par une injure antisémite, remet en cause la politique d'assimilation d'une Allemagne à peine unifiée. La complaisance des milieux conservateurs soutenus par l'Empereur, dont des proches adhèrent à des sociétés d'étudiants, est alors pointée du doigt. La crédibilité de la famille impériale est directement mise en question en 1895 quand, pour clore l'affaire Kotze (de), le Chambellan de l'Empereur provoque en duel deux de ses détracteurs. L'année suivante, la mort du juriste Zenker, tué en duel par un lieutenant de l'équipage personnel de l'Empereur, Ketelhodt, ajoute au scandale malgré le soutien à l'institution du duel qu'exprime à cette occasion le chef du Parti national libéral, Rudolf von Bennigsen. Il faudra attendre la mort en duel en janvier 1902 du fils de celui ci, le sous-préfet Adolf von Bennigsen (de), pour que soit créée une Ligue anti duel.
À la veille de la Première Guerre mondiale, le duel parisien n'est guère plus qu'un spectacle que se donne à lui-même un milieu interlope, tel celui auquel assiste Pierre Lestringuez au Moulin Rouge. Les deux guerres mondiales relèguent l'honneur militaire individuel. Les officiers, pour qui la guerre est une forme de duel, ne peuvent rester debout face au feu des canons ennemis. Le duel tomba complètement en désuétude après la Seconde Guerre mondiale, d'autant plus que la diffamation devint judiciairement répréhensible. Il n'en resta que le « duel des avocats ».
En 1919, le pacifiste Alain, dénonçant la lâcheté des gouvernements et des états majors ayant conduit à la barbarie de 14-18, et préconisant une éthique du courage en forme de dissuasion face à la mauvaise foi et l'irresponsabilité individuelle, est un des derniers à défendre l'institution du duel « civilisé » : « que celui qui célèbre la guerre fasse la guerre aussitôt. »
Les derniers duels connus sont ceux de Serge Lifar et du marquis de Cuevas en 1958, et de Gaston Defferre et René Ribière en 1967 après une altercation entre les deux hommes dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale.
Le duel au regard du droit aujourd'hui.
Le dernier pays à avoir interdit le duel fut l'Uruguay dans les années 1980 mais l'interdiction n'est plus universelle depuis que la Suisse a abrogé les articles 130, 131 et 132 de son Code pénal réprimant le duel (respectivement sur la provocation en duel, le duel, et l'excitation au duel). Depuis le 1er janvier 1990, ce mode de règlement y est ainsi à nouveau légal, sous réserve de ne pas tomber sous le chef d'inculpation d'assassinat ou de tentative d'assassinat, en vertu du principe pénal "Tout ce qui n'est pas interdit est permis".
En 1999, l'Italie a en quelque sorte dépénalisé le duel en ne prévoyant de sanction qu'en cas de lésion.




Des Temps Révolus...Où les Hommes avaient encore de l'Honneur et du Courage...
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Re: Les Duels Au Fil de l'Histoire...

Message par claire berger le Lun 2 Jan - 20:35

Très bon sujet, instructif, bravo !
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claire berger


Messages : 59
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Re: Les Duels Au Fil de l'Histoire...

Message par Invité le Mar 3 Jan - 12:06

22 juin 1627. Louis XIII et Richelieu font décapiter deux comtes amateurs de duels.
Montmorency-Bouteville et des Chapelles ont osé braver l'édit royal interdisant les duels. L'affaire est vite tranchée.


Le 22 juin 1627, la place de Grève (aujourd'hui, place de l'Hôtel de Ville) fourmille de monde comme à chaque fois qu'une exécution est annoncée. Cette fois, les Parisiens sont gâtés, les deux vedettes du spectacle appartiennent à la fine fleur de la noblesse française : le comte de Montmorency-Bouteville, 27 ans, et son cousin, le comte de Rosmadec des Chapelles, 29 ans. Ils paient lourdement un crime effroyable. Ont-ils attenté à la vie de Louis XIII ? Pire ! Ont-ils eu des amours contre nature ? Bien pire encore ! Êtes-vous prêt à entendre l'innommable ? Ils se sont battus en duel malgré l'interdiction formelle du roi et du cardinal de Richelieu. Et peu importe qu'ils appartiennent à deux des plus grandes et plus vieilles familles françaises, pas de passe-droit. Et d'un duel avec un bourreau on ressort rarement vainqueur.
Il faut dire que cette tête brûlée de Bouteville est un multirécidiviste. Il en est à son 21e duel ! Tous ses adversaires ne sont pas morts, mais son palmarès dépasse largement celui de beaucoup de tueurs en série actuels. On ne sait combien de duels a livrés son parent des Chapelles, son bilan devait être également important. Malgré le siège des deux familles, le roi ne se laisse pas fléchir. Il faut que ces deux têtes roulent à terre pour décourager la noblesse française de s'entretuer. Entre 1589 et 1608, les duels auraient fait plus de 8 000 victimes ! Plus que la guerre ! Bouteville livre son premier duel à 22 ans (en 1622) contre le comte de Pontgibaud. Depuis ce jour, jouer sa vie pour un regard de travers, pour une femme, devient pour lui une passion dévorante. Et l'interdiction des duels importe peu. Du reste, par deux fois, cela lui a déjà valu d'être déclaré par le Parlement "déchu du privilège de noblesse, ignoble, roturier et infâme", et condamné à "être pendu et étranglé à une potence croisée". Mais, jusque-là, sa haute naissance lui a permis d'éviter la sentence.
Six combattants
Revenons-en au duel qui va leur faire perdre la tête à tous deux. Tout commence en 1626, quand Bouteville tue en duel le comte de Thorigny. L'année suivante, il blesse le baron de La Frette devant la cour, ce qui met le roi fort en colère. Ce dernier envoie donc trois compagnies de Suisses pour le saisir, obligeant le comte à se réfugier à Bruxelles, auprès de l'archiduchesse gouvernante des Pays-Bas à qui il promet de ne pas se battre sur son territoire. Conciliante, celle-ci plaide la cause de Bouteville auprès de Louis XIII, mais ce dernier refuse son pardon et met en garde le duelliste de ne pas paraître à la cour ou dans Paris. Cette réponse rend le comte furieux : "Je me battrai en bref à Paris, et dans la place royale, puisqu'on me refuse une abolition."
L'occasion ne se fait pas attendre : le marquis de Beuvron, qui veut venger la mort de son parent Thorigny, accourt à Bruxelles pour défier Bouteville. Or le voilà démasqué dans son auberge par les forces de l'ordre locales. L'archiduchesse tente de réconcilier les deux hommes, lesquels font semblant de se faire des mamours tout en se promettant de remettre à plus tard leur petite explication. Rendez-vous est pris sur la place Royale (place des Vosges).
Le 12 mai 1627, Bouteville s'y présente vers 14 heures avec ses deux témoins : le comte des Chapelles et son écuyer, le sieur de La Berthe. Le marquis de Beuvron les attend avec aussi ses deux témoins, Bussy d'Amboise (son beau-fils), malade à crever, et son écuyer Choquet. À l'époque, les témoins ne se contentent pas de compter les points, mais se battent entre eux. En garde ! Les six combattants ferraillent avec vaillance, chacun est armé d'une épée et d'un poignard. Ils ne font pas semblant. Les assauts sont d'une grande violence. Les passants se demandent qui sont ces fous pour défier l'édit du cardinal en pleine journée. De La Berthe, blessé par Choquet, arrête le combat. Bussy est mortellement blessé par des Chapelles. Bouteville et le marquis décroisent le fer, car les hommes du cardinal vont bientôt surgir. Il faut fuir.
Hémorragie des gentilshommes
Le marquis de Beuvron et son écuyer parviennent à échapper à l'arrestation en gagnant l'Angleterre. Bouteville et son cousin des Chapelles, qui empruntent la poste à destination de la Lorraine, sont rattrapés à Vitry-le-Brûlé, et aussitôt conduits à la Bastille par le grand prévôt. Leur procès est immédiatement instruit par le Parlement. Les familles des deux embastillés font le siège du jeune roi pour qu'une fois de plus il fasse preuve de clémence. En vain. Louis XIII ne cède pas, même quand la mère de Bouteville se jette à ses pieds, même quand le prince de Condé lui écrit une lettre, même quand le duc de Montmorency le supplie. Cette fois, le compte du comte est bon. Le souverain se fend, néanmoins, d'une lettre expliquant la nécessité d'un exemple pour mettre fin à l'hémorragie de ses gentilshommes. "Combien de nobles et bonnes maisons ont été éteintes ! Et que l'excès en fût arrivé à ce point que les plus grands de mon royaume fussent sujets à être provoqués au combat sans nulle cause ni fondement. Tous ces désordres parvenus à cette extrémité, faute de punition, m'ont forcé de laisser agir la justice, en quoi Dieu sait combien mon esprit a été agité et combattu..." Le cardinal approuve son roi.
L'évêque de Nantes est envoyé auprès des deux comtes pour leur inspirer des sentiments de religion. Le 21 juin, après avoir été interrogés par le Parlement, les deux cousins sont renvoyés à la Bastille sans qu'un quelconque arrêt leur soit immédiatement signifié, ce qui leur donne quelque espoir. Ils passent une bonne nuit. À un certain Andrenas qui lui demande comment il envisage sa mort, des Chapelles répond : "J'y suis tout résolu, mais mon cousin, qui est jeune, riche, parent des plus grands seigneurs de France, pourra se fâcher quand on lui parlera de mourir." Une dernière fois, la famille de Bouteville tente de rencontrer le roi, qui se défile.
Cheveux coupés
Le lendemain, le 22 juin 1627 vers 11 heures, un guichetier avertit Bouteville de descendre à la chapelle. "À la chapelle !" s'exclame avec colère le comte. "Oui, monsieur... et si vous vouliez avoir la bonté de me donner la bague que vous avez au doigt." Le jeune homme y consent, mais quand l'autre a le culot de lui demander ses gants, il les jette par la fenêtre. Son cousin des Chapelles est également mené à la chapelle, où ils restent en prière avec l'évêque de Nantes et d'autres hommes d'Église jusqu'à 5 heures du soir. C'est alors qu'une charrette vient les chercher pour les mener en place de Grève. Durant le trajet, le bourreau leur coupe les cheveux. Lorsque l'exécuteur s'apprête à sectionner la moustache de Bouteville, celui-ci l'arrête. "Mon fils, lui dit alors l'évêque de Nantes, il ne faut plus songer au monde. Quoi ! Vous y songez encore ?"
Notre va-t-en-guerre est devenu doux comme l'agneau sous la main d'Abraham. Il est le premier à monter sur l'échafaud, où il s'agenouille à côté de l'évêque durant le salve regina. Bouteville refuse le bandeau avant de s'agenouiller devant le billot de bois, où il pose la tête. L'exécuteur lève haut la hache et l'abat avec force et précision. La tête vole du premier coup. La foule applaudit le joli cou(p). Le comte, qui n'a rien senti sur le moment, se demande pourquoi le ciel bascule. En entendant le bruit, des Chapelles, qui attend dans la charrette, murmure : "Mon cousin n'est plus, prions Dieu pour son âme." À son tour, il pose sa tête sur le billot et s'en va trouver Dieu. Aussitôt, les deux familles récupèrent les corps et les têtes pour les emporter à l'hôtel d'Angoulême, où ils sont embaumés. Durant quelque temps, les duels se font plus rares.

Il fut des époques où se battre en duel présentait de grands risques outre le fait d'être tué, grièvement blessé et ou estropié lors d'un duel...Nombre de seigneurs furent, parfois lorsque les édits d'interdiction étaient appliqués, déchus de leurs titres, charges et leurs biens saisis...Dans le récit, ci-dessus, deux grands princes du royaume voulurent s'affranchir des édits et, de surcroît, braver et narguer le puissant et ombrageux cardinal de Richelieu initiateur des interdictions de duels...bien mal leur en a pris...  
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Re: Les Duels Au Fil de l'Histoire...

Message par Invité le Jeu 5 Jan - 11:14


10 juillet 1547
Le «coup de Jarnac»

Le 10 juillet 1547, deux nobles se préparent à un duel sans concession devant la Cour et le roi de France Henri II. De l'issue tragique de ce fait divers va nous rester une expression fameuse, le « coup de Jarnac ».

Maîtresse femme.
À l'origine du duel se tient l'une des plus singulières maîtresses royales qu'ait connues la Cour de France, Diane de Poitiers.
Née en 1499, Diane est mariée à 16 ans à Louis de Brézé, grand sénéchal de Normandie, de 40 ans plus âgé qu'elle.
C'est dès lors sous le nom de Diane de Brézé, duchesse de Valentinois, qu'elle est connue de ses contemporains (l'appellation Diane de Poitiers, plus accrocheuse, lui vient d'Alexandre Dumas).
Veuve à 32 ans, Diane devient, croit-on, la maîtresse du roi François 1er puis, vers 1536, celle de son deuxième fils Henri d'Orléans, qui règnera sous le nom d'Henri II.
Henri a connu dans son enfance la captivité à Madrid et en a gardé une grande mélancolie. Aussi trouve-t-il du réconfort auprès de cette femme supérieure et de vingt ans plus âgée que lui.
Querelle entre maîtresses royales.
Après la mort de François 1er, le 31 mars 1547, Diane veut prendre sa revanche sur la dernière maîtresse du défunt roi, Anne de Pisseleu, duchesse d'Étampes...
Elle se souvient opportunément d'une rumeur répandue à la cour deux ans plus tôt par le Dauphin selon laquelle le beau-frère de la duchesse, un  jeune écervelé du nom de Guy Chabot, par ailleurs baron de Jarnac, aurait été l'amant d'Éléonore d'Autriche, deuxième épouse de François 1er.
La rumeur était arrivée aux oreilles de François de Vivonne, seigneur de La Châtaigneraie, un colosse réputé pour sa force et sa dextérité au maniement des armes. François de Vivonne, querelleur, se battait souvent en duel pour le moindre prétexte. Son père ne disait-il pas de lui : « S'il va jamais en enfer, il en chassera les diables et s'en rendra maître » !... La Châtaigneraie, indigné, avait publiquement accablé Jarnac de ses insultes mais ce dernier bien que voulant laver l'affront, sans précipitation toutefois, François 1er refusa catégoriquement d'accorder le duel judiciaire, menaçant même les deux protagonistes des pires sanctions s'ils passaient outre, et l'affaire en était restée là.
Le retour du duel judiciaire
Mais bien plus tard, à la mort de François 1er et à l'avènement d'Henri II, Diane rappelle l'incident et convainc son royal amant d'autoriser un duel judiciaire entre les deux rivaux ; la mort devant désigner le coupable devant Dieu et les hommes. À titre exceptionnel, le roi autorise donc le duel judiciaire, une pratique médiévale interdite depuis... Saint Louis !

L'ensemble de la cour se range du côté de Henri II et de Diane. Il ne fait d'ailleurs aucun doute pour personne que La Châtaigneraie va occire Jarnac en moins de temps qu'il ne faut pour le dire...La Châtaigneraie, sûr de son coup, passe son temps à parader, à se vanter et à injurier son adversaire.

N'ayant rien à perdre, le sieur de Jarnac fréquente assidûment les salles d'armes et se fait enseigner quelques bottes secrètes par un vieux maître italien. Arrive le jour du duel. Sur la terrasse du château de Saint-Germain-en-Laye où s'est réunie la cour, Vivonne se présente en grande pompe, accompagné de 300 gentilshommes. Sûr de sa victoire, il a préparé un grand festin.
Après un long cérémonial, le duel " à toute outrance" - jusqu'à la mort - s'engage en fin d'après-midi.  D'emblée, La Châtaigneraie, profitant de sa grande stature, s'avance l'épée haute sur Jarnac et cherche à le frapper à la tête. Ce dernier esquive habilement et quelques passes d'armes plus tard, surprise ! Jarnac parvient, dans un premier temps, à toucher La Châtaigneraie en dessous du genou gauche où il y a un espace entre les bottes et la cotte de mailles. Un cri d'exclamation s'élève de la foule. La Châtaigneraie déclare qu'il veut poursuivre le combat qui reprend de plus belle. Les assauts se poursuivent, La Châtaigneraie cherche le corps-à-corps, pour s'emparer et immobiliser l'adversaire sous son poids et le terrasser ensuite à coups de dague. Mais,appliquant les ruses du maître d'armes italien, Jarnac fait volte, se découvre soudainement et frappe son adversaire au jarret. Les leçons du maître italien n'auront pas été vaines. La Châtaigneraie s'effondre dans un flot de sang ininterrompu. Une clameur monte du public et un long silence s'installe dans une assistance en proie à la plus totale stupeur. 

Finalement, le roi consent à rendre son honneur au vainqueur et accorde la vie sauve à La Châtaigneraie, qui n'en meurt pas moins pendant la nuit...
L'expression « coup de Jarnac » devient bientôt synonyme d'habileté mais elle est détournée de son sens à la fin du XVIIIe siècle par le Dictionnaire de Trévoux qui préfère y voir une manoeuvre traîtresse et déloyale.



* Henri II, l'un des instigateurs de cette sombre affaire...connaîtra à son tour, longtemps après, le duel judiciaire ou Ordalie - jugement de Dieu - puisqu'il mourra le 10 juillet 1559... Lors d'un tournoi, le 30 juin 1559, la lance de son adversaire traverse la visière de son heaume et pénètre profondément dans l'oeil gauche où un morceau de la lance reste fiché. Le souverain décédera après une longue et terrible agonie...   
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Re: Les Duels Au Fil de l'Histoire...

Message par Invité le Dim 8 Jan - 11:43

Source : Codex Martial


Définition du Spadassin.


Le spadassin est l'incarnation vivante du panache et de l'audace. Le spadassin privilégie l'agilité et la ruse sur la force brute et croise aussi bien le fer que les bons mots.
Les spadassins partent à l'aventure pour toutes sortes de raisons, selon leur alignement et leurs antécédents. Certains se voient comme des redresseurs de torts, tandis que d'autres cherchent uniquement la fortune et la gloire. Tous les spadassins partagent néanmoins un fort penchant pour l'action et ils résistent difficilement à l'appel de l'aventure, quelles que soient leurs opinions personnelles.
Les spadassins combinent la compétence et la finesse avec une grande habileté au combat. Bien qu'ils infligent généralement moins de dégâts que les guerriers ou les barbares, ils sont aussi plus agiles et plus mobiles que les autres combattants au corps à corps. Quand il fixe les termes d'un combat, le spadassin est un adversaire redoutable et presque impossible à immobiliser. Les spadassins sont aussi plus sociables que beaucoup de guerriers.
Comme les roublards, les spadassins ont des points de vue variés sur le monde et peuvent être de n'importe quel alignement. Ceux qui se sentent oppressés par les restrictions de leur société sont plutôt chaotiques, tandis que ceux qui suivent une tradition honorable sont plutôt loyaux.
La plupart des spadassins rendent au moins un hommage formel à Tymora la déesse de la chance. Les spadassins loyaux ou chevaleresques peuvent révérer Tyr ou Baine, bien que le clergé de Hoar en compte beaucoup.
Les spadassins sont souvent issus d'un milieu aisé, mais cette classe est ouverte à toute personne plaçant la finesse au-dessus de la puissance, quelle que soit son origine. S'il existe un dénominateur commun entre tous les spadassins, c'est plutôt l'habitude des villes, que ce soit les sombres allées des quartiers mal famés ou les luxueux hôtels particuliers des beaux quartiers.
Un spadassin perçoit plutôt ses pairs comme des rivaux que des alliés, et cela même s'ils ont un but commun. Les spadassins vivent pour l'attention qu'on leur porte, au point parfois de fausser leur jugement. Il s'installe alors entre eux au mieux une concurrence amicale, mais au pire une méfiance teintée d'hostilité.
Les spadassins sont généralement humains, demi-elfes ou elfes : les deux premières races en raison de leur audace et la dernière en raison de sa grâce naturelle. Les gnomes et les halfelins ont le tempérament nécessaire pour devenir spadassins, mais ils sont handicapés par leur lenteur. Les nains préfèrent les armures lourdes et les armes imposantes et sont donc rarement attirés par cette classe.
Parmi les humanoïdes sauvages, les spadassins sont pratiquement inconnus, peu ayant un niveau de civilisation et d'audace pouvant conduire à cette carrière.
Les spadassins préfèrent des compagnons aussi rapides et agiles qu'eux. Ils s'entendent bien avec les roublards et les bardes et apprécient le style et l'habilité au corps à corps du moine (néanmoins, les spadassins chaotiques railleront leur ascétisme). Les spadassins loyaux et bons partagent la nature honorable du paladin, mais les deux classes ont par ailleurs des styles de vie opposés. Les spadassins n'ont aucun ressentiment envers les jeteurs de sorts et savent apprécier comme tout à chacun un sort lancé au bon moment. Ils ont peu de contacts avec les barbares, les rôdeurs et les druides, dont le domaine est bien éloigné de la ville où vit le spadassin,
Le spadassin est un combattant au corps à corps efficace, particulièrement en tandem avec un guerrier ou un roublard. Il peut aussi faire office de porte-parole ou de leader pour son équipe grâce à ses nombreuses compétences sociales.


A la demande d'une amie très chère, à la langue de vipère, qui suit, apparemment, avec assiduité l'histoire des duels...je ne pouvais manquer lui faire plaisir, en ce dimanche, et de lui infliger l'histoire du...Spadassin. Une description tirée du Codex Martial...
Je dois dire, bien modestement, que je me reconnais parfaitement à travers cette linéature...
Smile
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Re: Les Duels Au Fil de l'Histoire...

Message par claire berger le Dim 8 Jan - 14:43

Toujours instructif, réponse à fleuret moucheté ! Very Happy
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Re: Les Duels Au Fil de l'Histoire...

Message par Invité le Dim 8 Jan - 19:44

claire berger a écrit:Toujours instructif, réponse à fleuret moucheté ! Very Happy

Gente Dame...Claire Berger...inconnue et mystérieuse à la fois, le Spadassin bretteur se fait un plaisir d'écrire, ne serait-ce que pour vos yeux seulement et uniquement... Smile
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Re: Les Duels Au Fil de l'Histoire...

Message par claire berger le Dim 8 Jan - 20:08

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