MACRON et le chômage

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MACRON et le chômage

Message par Angèle le Sam 29 Avr - 10:29

Les Echos, dont on sait qu'ils savent compter, ont fait une analyse de la proposition télégraphique de Macron concernant le traitement du chômage.


Le chômage pour tous :


Si on considère seulement les 48% de chômeurs non indemnisés, en supposant qu'on leur attribuerait le montant de l'indemnisation moyenne des 52% pris en charge, soit 1.058€, ils nous coûteraient 32Mds d'euros (32.000.000.000€ What a Face ).


A ceux-là, il faudrait ajouter... tout le monde ("Nous permettrons à tous les travailleurs d’avoir droit à l’assurance-chômage. Les artisans, les commerçants indépendants, les entrepreneurs, les professions libérales, et les agriculteurs disposeront, comme les salariés, de cette protection."). Chiffrage ? Heuuuu... on va quand même pas s'emmerder avec ça ! Twisted Evil


Sachant que le prophète compte supprimer les cotisations chômage,
sachant qu'il compte attribuer à  l'Etat la gestion du chômage,
sachant que traquer le chômeur, amènera à "une augmentation significative du personnel dédié à cette tâche",
on reste sans voix devant cette réforme aussi clinquante que fumeuse.

https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-168130-macron-et-letrange-reforme-du-chomage-2075815.php

Macron et l'étrange réforme du chômage
ERIC LAFOND / Chef de file de la liste «100% Citoyen» ( centre) aux élections régionales (Auvergne- Rhône-Alpes) de 2016 Le 28/03 à 16:48 
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0En remplaçant le système assurantiel par une protection universelle , E Macron semble aborder le sujet du chômage avec bienveillance. Peu analysée, cette réformepose pourtant de sérieuses questions quant à sa mise en œuvre.
Emmanuel Macron propose une nouvelle approche du chômage, et fait de celle -ci un axe fort de son projet . Force est de constater qu’il est le seul à s’attaquer au sujet. François Fillon compte sur la baisse des charges, de la fiscalité et le renoncement aux 35 h et leurs effetsmagiques . Benoît Hamon semble avoir renoncé à l’idée qu’il puisse y avoir du travail pour tout le monde . S’il propose classiquement un grand plan d’ investissement supposé créer des emplois , son projet est surtout marqué par sa vision d’un revenu universel d’existence et d’une taxe sur les robots .
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Les autres ayant renoncé à une organisation du marché du travail, examinons avec attention ce que propose Emmanuel Macron.

En substance , celle-ci repose sur deux piliers : l’ abandon du système assurantiel pour un système ouvert à tous et le renforcement de l’encadrement des chercheurs d’emploi.
La fin du système assurantiel, pour quelshorizons ?
Depuis l’invention de l’ assurance chômage en 1958, la philosophie du système est simple . Dès lors que vous êtes salariés, une partie des cotisations prélevées sur votre salaire alimente un fonds assurantiel que vous pouvez solliciter dès lors que le "risque" chômage survient. Vous êtes alors indemnisés. Les partenaires sociaux font régulièrement évoluer les règles ( montant , durée minimum de cotisation , durée d’indemnisation, etc.), mais le principe est intégré par la population active.

Le projet "En marche!" veut donc y mettre fin et le remplacer par un droit ouvert à tous, ex-salariés et ex non-salariés. Cela présente une certaine cohérence au regard de l’ augmentation massive de l’entrepreneuriat en France (2.63millions d’ indépendants sur une population active occupée de 26.5 millions de personnes) et à l’ alternance emploi salarié/non-salarié que connaissent les générationsnées dans les années 70 et après.

Une réforme à quel coût ?

Se pose immanquablement la question du coût d’un tel changement . E Macron avance 1.4Mds €, l’ Institut Montaigne un coût entre 4 et 9 Mds €. Avec une telle fourchette , autant dire qu’on n’en a aucune idée.
Rappelons ici quelques faits trop souvent occultés. Il y a aujourd’hui 6 millions de personnes inscrites à Pôle Emploi et environ 2 millions (jeunes , personnes au RSA qui ne le sont pas faute d’y trouver une utilité). Parmi ces 6 millions, 48 % ne perçoivent aucune indemnisation. Si nous sortons du système assurantiel - c'est-à-dire du principe "je cotise pour me prémunir d'un risque et je perçois une compensation lorsque le risque survient" -, pour un principe de protection universelle, toute personne active peut légitimement aspirer à être indemnisée face au chômage.
Dès lors, les premiers bénéficiaires du changement proposé seront évidemment ces personnes inscrites à Pôle Emploi, mais non-indemnisées (elles n’ont pas assez cotisé, leurs droits sont éteints, etc.). Or, l’indemnisation moyenne (des 52 %) est de 1058 €/ mois, soit une nouvelle dépense de... 32.5 Mds€.
Intégrer les indépendants et les démissionnaires est intéressant et certainement louable. Il est pourtant peu probable, vu son coût, que laproposition d’Emmanuel Macron devienne un droit universel de compensation du chômage. Sauf à imaginer une baisse drastique de l’allocation octroyée...
Alors, sur quels critères refuser cette protection à ceux qui la demanderont ? La création de nouveaux critères d’indemnisation hors système assurantiel pourra-t-elle être comprise et acceptée par la population active ? Par qui ces critères seront-ils fixés ? Les parlementaires ? L’ État (l’ administration) ?

L’État, nouveau gestionnaire et contrôleur du chômage ?

En effet, la réforme proposée donne à l’État la responsabilité de lagestion ( intégration de l’Unedic à l’État) et surtout le contrôle des chômeurs.
À ce titre, E Macron évoque précisément le fait de pouvoir refuser 2 propositions "décentes", mais pas 3, sauf à perdre son allocation. Au-delà du principe, la question se pose du comment et qui ?
En l’État, Pôle emploi, à qui échoit le rôle du suivi des personnes inscrites et indemnisées, est noyé sous le volume. Un renforcement du contrôle et une approche qualitative de celui-ci supposeraient une augmentation significative du personnel de Pôle Emploi/l’État dédié à cette tâche et le recrutement de nouvelles compétences pour cet "accompagnement à l’emploi". Personne ne peut en effet croire que le personnel actuel puisse assumer ces fonctions ou qu’une formation de celui-ci se ferait à moindre coût.

La fiction de l’État régulateur du marché de l’emploi ?

Étonnement , ce volet n’a été nulle part débattu ou même calculé en terme de dépense publique.
Rappelons ici le rapport de la Cour des comptes (2015) qui considérait que Pôle Emploi n’intervenait que dans... 12 % des mises à l’emploi.Certes, les communications de Pôle Emploi évoquent le chiffre de 30 % des offres du marché qui transitent par l’ institution . Et quand bien même ? Dès lors que l’État n’a pas la capacité de réguler l’ offre et lademande sur le marché du travail, comment peut-on décider ducaractère "décent" d’une offre ?
En toile de fond , le propos suppose que le chômage serait lié à des chercheurs d’emploi (6 à 8 millions) qui ne prendrait pas des emplois non pourvus (300 000 ?). Peu convaincant.
Ce contrôle a d’ailleurs été enclenché par le gouvernement Valls depuis fin septembre 2015, sans qu’aucune évaluation ne sembledisponible . On peut légitimement douter qu’il apporte quelque chose.
Emmanuel Macron a présenté habilement une réforme qui semble généreuse et en phase avec l’ époque . Elle l’est, superficiellement. Comme tant d’autres avant lui, il peine à imaginer une société où l’on ferait confiance . Une société où l’on substituera à la lourde bureaucratie et aux injonctions, une action plus fine sur ce qui facilitela vie des gens, en l’occurrence celle des chercheurs d’emploi et desentreprises . Une société où le rôle de l’État serait redéfini - il ne saurait être le même qu’il y a trente ans –, où l’expérimentation locale et l’évaluation seraient privilégiées ; en bref une société plus moderne.
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Re: MACRON et le chômage

Message par Caïman13 le Sam 29 Avr - 10:37

Il faut ajouter à cela que Macron ne s'opposera pas aux délocalisations et aux ventes des entreprises "pas rentables"... Combien de chômeurs en plus ?
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Re: MACRON et le chômage

Message par Angèle le Sam 29 Avr - 11:35

Caïman13 a écrit:Il faut ajouter à cela que Macron ne s'opposera pas aux délocalisations et aux ventes des entreprises "pas rentables"... Combien de chômeurs en plus ?
On n'en est plus à quelques millions près, n'est-ce pas ?


Le chômage universel, à partir de quel taux ça devient le revenu universel ? 
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Re: MACRON et le chômage

Message par maya39 le Sam 29 Avr - 11:48

c'est le revenu universel ! mais version droitière ! on a une main d’œuvre disponible a souhait , et donc malléable au possible !
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Re: MACRON et le chômage

Message par Angèle le Sam 29 Avr - 12:13

maya39 a écrit:c'est le revenu universel ! mais version droitière ! on a une main d’œuvre disponible a souhait , et donc malléable au possible !
Tout à fait !



Mais surtout, en remettant la gestion du chômage entre les mains de l'Etat, c'est ce dernier qui prendra en charge les déficits colossaux qui s'annoncent. Et l'Etat, c'est encore nous, non ?


Pareil que la taxe d'habitation. On la supprime et l'Etat reversera intégralement aux collectivités. Bon, mais ça me donne une idée : je vais demander à louer un logement social à Neuilly Basketball
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Angèle


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